Accessibiliser sa communication

20 mai 2026

Rendre sa communication accessible : par où commencer ?

Ce carrousel a été réalisé à partir du guide Accessibiliser sa communication, édition 2026, un guide collaboratif coordonné par Les Dévalideuses. Cette ressource donne des repères concrets pour améliorer l’accessibilité des contenus web, visuels, audio, vidéo et imprimés.

Une communication accessible permet à plus de personnes de lire, comprendre, écouter, s’inscrire, participer ou relayer une information. Elle concerne les sites web, les réseaux sociaux, les affiches, les vidéos, les podcasts, les PDF, les formulaires et les supports imprimés.

L’accessibilité numérique permet à tous les publics d’accéder à l’information, quel que soit le support utilisé. Pourtant, le guide rappelle qu’aujourd’hui, seulement 3 % du web est accessible. Ce chiffre montre pourquoi l’accessibilité devrait être prévue dès le départ, au même niveau que le message, le visuel ou la stratégie de diffusion.

L’accessibilité concerne beaucoup plus de monde qu’on ne l’imagine.

Le guide des Dévalideuses rappelle qu’en France, environ 12 millions de personnes sont en situation de handicap ou vivent avec un trouble de santé invalidant, soit environ 1 personne sur 5. Il rappelle aussi que 85 % des handicaps sont acquis au cours de la vie.

Une communication inaccessible peut donc exclure des publics très différents : les personnes en situation de handicap, les personnes âgées, les personnes dyslexiques, les personnes malvoyantes, les personnes sourdes ou malentendantes, les personnes avec des troubles cognitifs, ou encore les personnes fatiguées, stressées ou peu à l’aise avec le français écrit.

Mais l’enjeu n’est pas seulement pratique. Il est aussi politique. Le validisme désigne la discrimination systémique vécue par les personnes en situation de handicap. Il repose sur une norme valide qui hiérarchise les corps, les capacités et les manières de vivre.

Rendre sa communication accessible, ce n’est donc pas “faire un geste généreux”. C’est une exigence anti-validiste, une question d’équité et de justice sociale. Une communication inclusive doit réduire les obstacles et intégrer l’accessibilité dès la conception des contenus.

Une information importante doit rester accessible, même si le support principal ne l’est pas.

Un texte accessible est d’abord un texte lisible.

Il est conseillé d’utiliser une police simple, sans empattement, d’éviter les polices fantaisie, d’aligner le texte à gauche et de garder des paragraphes courts et aérés. Sur un visuel Instagram, il faut aussi éviter les textes trop petits ou trop fins, car beaucoup de personnes lisent les publications sur mobile.

Si le sujet est dense, il vaut mieux répartir l’information sur plusieurs slides plutôt que de surcharger une seule image. La lisibilité doit passer avant l’effet graphique.

L’importance du contraste.

Un texte peut sembler lisible sur ordinateur, puis devenir difficile à lire sur téléphone, en plein jour, avec une luminosité basse ou pour une personne malvoyante. C’est pour cela qu’il est recommandé de tester les contrastes entre le texte et le fond. Le ratio minimum conseillé est supérieur à 4,5, et l’idéal est de viser un ratio supérieur à 7,0.

Les fonds dégradés, les photos derrière le texte ou les couleurs trop proches peuvent vite rendre un contenu illisible. Un bon contraste n’empêche pas d’avoir une identité visuelle forte. Il permet simplement que le message reste lisible.

Une image qui porte une information doit être décrite.

Sur les réseaux sociaux, beaucoup d’informations passent par les visuels : dates, lieux, horaires, tarifs, consignes, programmes, chiffres, schémas. Si ces informations ne sont présentes que dans l’image, elles peuvent être perdues pour les personnes qui utilisent un lecteur d’écran ou qui ne peuvent pas voir correctement le visuel.

Il faut donc ajouter un texte alternatif quand la plateforme le permet. Pour un carrousel pédagogique, il est aussi utile de reprendre les informations principales dans la description du post. La description ne doit pas seulement dire “voir les slides”. Elle doit permettre de comprendre le contenu même sans accéder aux images.

Une vidéo doit pouvoir être comprise sans le son.

Le sous-titrage est une base. Il permet aux personnes sourdes ou malentendantes d’accéder au contenu, mais il aide aussi les personnes qui regardent une vidéo dans les transports, au travail, dans un lieu bruyant ou sans écouteurs.

Il faut également faire attention au format de publication. Sur Instagram, TikTok ou LinkedIn, certains éléments de l’interface peuvent cacher les sous-titres. Il faut donc placer les textes dans une zone visible et tester la vidéo avant publication.

Un contenu audio doit avoir une version écrite.

Un podcast, une interview, un vocal ou une prise de parole enregistrée ne doit pas exister uniquement sous forme sonore. Une transcription permet aux personnes sourdes ou malentendantes, aux personnes qui ne peuvent pas écouter sur le moment, ou aux personnes qui comprennent mieux à l’écrit, d’accéder au contenu.

La transcription peut être intégrale, éditée ou résumée de manière détaillée. Le choix dépend du temps disponible et de l’usage prévu. Mais le principe reste le même : les informations importantes doivent être disponibles sous une autre forme que le son.

Un lien doit dire clairement où il mène.

Les formulations comme “cliquez ici”, “lien ici” ou “en savoir plus” ne sont pas assez précises. Elles obligent la personne à deviner ce qu’elle va ouvrir.

Si le lien ouvre un fichier, il est aussi recommandé d’indiquer le type de fichier et son poids quand c’est possible. Cela permet aux personnes de savoir si elles ouvrent une page web, un PDF, un document texte ou un fichier lourd à télécharger.

Les emojis et les hashtags doivent rester utiles.

Les lecteurs d’écran lisent les emojis les uns après les autres. Une longue suite d’emojis peut donc rendre un texte pénible à écouter et difficile à comprendre. Il vaut mieux éviter les emojis en début de phrase et ne pas les utiliser à la place d’un mot important.

Pour les hashtags, il est recommandé d’éviter les hashtags trop longs et d’utiliser des majuscules au début de chaque mot. Par exemple, #CommunicationAccessible est plus lisible que #communicationaccessible. Il faut aussi éviter d’enchaîner trop de hashtags dans le corps du texte. Le mieux est de les placer à la fin de la publication.

Le FALC aide à rendre une information vraiment compréhensible.

Le FALC signifie “Facile à Lire et à Comprendre”. C’est une méthode d’écriture qui vise à rendre l’information plus claire, notamment pour les personnes ayant une déficience intellectuelle, mais aussi pour les personnes âgées, les enfants, les personnes autistes, les personnes avec des troubles cognitifs ou les personnes qui apprennent le français.

Utiliser le FALC ne veut pas dire appauvrir le contenu. Cela veut dire écrire de manière plus directe : une idée par phrase, des mots simples, des phrases courtes, une mise en page claire, des titres explicites et des images utiles quand elles aident réellement à comprendre.

Un contenu accessible ne se valide pas uniquement entre personnes non concernées.

Les outils automatiques peuvent aider à repérer certains problèmes comme un contraste insuffisant, l’absence de texte alternatif ou une structure incorrecte. Mais ils ne peuvent pas garantir qu’un contenu est clair, pertinent ou réellement utilisable pour les publics concernés.

L’expertise des personnes en situation de handicap et des personnes formées au FALC est indispensable. Cette expertise demande du temps, de l’attention et des compétences. Elle doit être reconnue et rémunérée quand elle est sollicitée.

Une ressource à lire, utiliser et partager.

Ce carrousel s’appuie sur le guide Accessibiliser sa communication, édition 2026, coordonné par Les Dévalideuses. Ce guide est collaboratif, pratique et pensé notamment pour les associations, collectifs, organisations culturelles, militantes et petites structures.

Il ne remplace pas une formation complète, mais il donne une base claire pour commencer. C’est une ressource utile à garder dans une équipe, à transmettre aux personnes qui créent des contenus, et à intégrer dans les process de communication.

Sources

Les Dévalideuses, « Accessibiliser sa communication : Guides Accessibilité 2026 »

Crédit image : collage réalisé par 2KIND pour 2kind.fr. La photo de fond provient de Bilal Ulker / iStock. Le visuel du guide présenté dans le collage provient du guide Accessibiliser sa communication, édition 2026, coordonné par Les Dévalideuses.